L’ablation définitive d’Ulrich 1er et l’apparition de son héritier (ou le récit de l’opération du kyste)

Jour – 1 : Je ne dors pas, forcément.

Jour J : Je prends ce qui sera ma dernière douche * soupir * pour un long moment à la maison. Puis direction l’hôpital à 9h. Là, nouvelle douche à la Bétadine (même les cheveux #glamour) et enfilage du costume bleu et blanc de patient, avec la petite charlotte et les chaussures en papier. On me dit que je passerai vers midi. D’autres auraient paniqué pendant ces trois heures d’attente, j’ai honteusement dormi comme une bienheureuse sous une couette bien chaude jusqu’à l’arrivée du brancardier qui a fait semblant de ne pas voir que je bavais allègrement sur le drap.

Le froid de l’ascenseur m’a réveillée un peu, mais bon, relativisons, on va me renvoyer chez Morphée dans moins d’un quart d’heure. Je fais tous les étages avant de descendre (ou monter ?) au bloc. Là, apparemment, c’est l’ambiance, c’est l’anniversaire de Laurence, il y a des frites à la cantine, et Kévin est encore absent, il n’a pas prévenu, le Dr Charpentier dégomme tout le monde à cause de lui. Si j’avais la force je participerais aux potins mais je n’ai qu’une envie, que l’opération passe.

A peine 10 minutes plus tard, je rencontre l’assistant de ma chirurgienne qui m’explique qu’on va m’endormir sur le brancard. Je me demande comment ils vont retourner mon poids mort sur la table d’opération. J’imagine un gros poisson qu’on balance sur un étal, sans état d’âme. Bref. On me perfuse, on m’annonce que ça va tourner, ça ne tourne pas. Puis vient le masque et là, grosse pression, gaz dense, je me dis que je vais étouffer, mais là ma tête tourne et je ferme les yeux pour ne pas vaciller.

Je me réveille quatre heures plus tard, dans le flou le plus total.

Je comprends vaguement qu’on m’extube (c’est donc ça qui pique tant dans la gorge …) et puis je comate gentiment en réanimation pendant une heure. Ouvrir les paupières est un effort surhumain, franchement, on se rend pas compte. Le lundi matin n’est RIEN à côté d’une sortie d’anesthésie générale.

Aucune douleur, je suis encore sûrement shootée aux produits anesthésiants. Juste cette gorge qui pique, je bois avec un bruit d’amateur affamé de soupe. Je mange sans vomir (petite danse virtuelle de la joie) et me lève, un peu plus tard, les jambes un peu flageolantes mais je peux me déplacer. Et même … aller voir mon pansement dans la salle de bain.

C’est là que j’ai rencontré Vladimir, encore tout sanglant, pas encore repu visiblement car à la commissure de ses lèvres il restait encore du rouge. J’ai soulevé le coton et là j’ai vu que la chirurgienne avait fait un dessin assez réaliste de la zone à retirer.

Meet Vlad. (peinture par l’excellent peintre hacker français Blase, dont vous pouvez retrouver les oeuvres là : https://blasepheme.com/)