Le commencement. D’Ulrich 1er à Vladimir.

L’histoire commence il y a presque dix ans. J’étais étudiante, rentrant de cours avec de petites ballerines grises neuves. Il avait légèrement plu la veille, et fait froid le matin. Un peu de verglas s’était déposé sur les trottoirs. La chute du siècle, autant dire. A la base ce n’était qu’une petite bosse très douloureuse qui s’est transformé en abcès. Ulrich 1er avait pris ses quartiers dans mon corps, bien décidé à y couler une retraite paisible sans que je n’en sache rien.

Quelques années plus tard, après une soirée où il fallait escalader des toits pour être un peu tranquilles, je glisse légèrement sur une tuile et retombe sur le coccyx. La douleur revient et cette fois les abcès et les douleurs ne partent pas malgré les traitements. Nous sommes alors en 2012, et je vois un chirurgien qui m’explique l’opération, les soins quotidiens, et tout le « c’est long et chiant, mais vous serez tranquille » certes mon ami, mais j’ai des diplômes à passer pour avoir un métier. Cette histoire d’immobilisation pendant au moins deux mois (en plus d’un séjour indéterminé dans un coin de la France sans Wifi ni livres à disposition directe) m’enchante très très peu. Je refuse l’opération, Ulrich vient de gagner encore cinq ans de répit. Mais ce que j’ignore c’est qu’il s’engraisse, et fortement.

2018 : Allez savoir pourquoi, c’est durant cette année qu’Ulrich a cessé de trouver mon fessier accueillant. Peut-être s’était-il lassé des chaises de l’université et des multiples allers-retours en voiture qu’exige le métier. En grossissant peut-être voulait-il signaler son désir de partir. Quoi qu’il en soit, j’ai été obligée de reconsidérer mon refus de l’opération et de profiter d’un arrêt longue durée pour éliminer Ulrich. Je ne me doutais pas qu’il laisserait un fantôme assez envahissant après lui, que nous appellerons volontiers Vladimir le Sanglant, pour toutes les symboliques que cela implique. Ici commence notre histoire.

Représentation anthropomorphique d’Ulrich 1er

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